Le voyage en van aménagé est-il vraiment écologique ?!

Quand on choisit le voyage en van aménagé, on veut être proche de la nature, la respecter et la sauvegarder. Mais sommes-nous vraiment plus écolo que ceux qui choisissent de partir en hôtel, en tente classique dans un camping ou même que ceux qui prennent l’avion ou le train ? On va décrypter tout ça afin de savoir si on a vraiment fait le bon choix pour préserver la planète.

Les émissions de gaz à effets de serre en van : 

Le transport : 

Dans un premier temps, on va comparer les émissions de gaz à effet de serre émises en fonction des différents modes de transport et pour différentes destinations

Bien sûr, les émissions réelles sont plus complexes car ici on ne prend en compte que le trajet pour se rendre sur le lieu des vacances et pas toutes les petites émissions des vacanciers qui prennent leur véhicule pour se rendre à la plage ou visiter la ville voisine.

Prenons dans un premier temps la distance Paris-Marseille qui est de 775 km. Voici les quantités de CO2 émises suivant les modes de transport : 

Comparaison des modes de transport pour un voyage entre Paris et Marseille.

Sans surprise, le TGV est le moins polluant, avec moins de 2 kg de CO2 émis pour parcourir la distance. C’est également le plus rapide (si on prend en compte le temps d’attente à l’aéroport). L’avion est bien sûr le plus polluant, car il s’agit d’un vol court courrier. En effet, ce sont les phases de décollage et d’atterrissage qui polluent le plus en avion, donc il vaut mieux privilégier l’avion pour de très grandes distances.

On remarque cependant que les véhicules thermiques, dont font partis nos amis aménagés, arrivent deuxième des modes de transport les plus polluants, très proches derrière le numéro 1.

Si on regarde maintenant sur de plus grandes distances, vous avez fait le tour de France en van aménagé et vous souhaitez poursuivre votre périple en Europe. Vous choisissez la capitale grecque pour vos prochaines vacances mais vous hésitez entre l’avion et votre van aménagé pour parcourir les 2880 km qui séparent Paris d’Athènes.

Comparaison des modes de transport pour un voyage entre Paris et Athènes.

Sans surprise, c’est encore le TGV qui arrive en tête des bons élèves, seulement en théorie car il est impossible de relier les deux villes d’une traite avec ce mode de transport. En revanche, du côté des mauvais élèves, surprise ! Le véhicule thermique est sur la marche la plus haute du podium des pollueurs, loin devant l’avion !  Parcourir une longue distance est donc moins polluant avec un vol moyen courrier que de prendre un véhicule thermique.

Voyager en van aménagé est donc loin d’être écologique du moins du point de vue des émissions de gaz à effet de serre. Ce qui vient pas mal entacher l’image écolo qu’aiment se donner les vanlifers. Mais tout n’est pas perdu, loin de là ! On ne peut pas s’arrêter simplement aux émissions de CO2 émises lors du transport pour qualifier le van aménagé de pollueur. On étudiera l’impact de la vie en van, sur l’eau et l’électricité notamment, dans la deuxième partie.

Le choix du van : 

Le choix du van aura un très gros impact sur les émissions de gaz à effet de serre durant le transport. Un véhicule neuf, avec des moteurs aux normes Euro 5 ou Euro 6, tout comme un véhicule bien entretenu émettra moins de particules polluantes. Les vieux moteurs thermiques, pour un même nombre de kilomètres, sont naturellement plus polluants. Bien entretenu, il est également possible de réduire cette pollution et par la même occasion notre consommation de carburant.

Si l’aspect financier n’est pas un problème pour vous, vous pourriez avoir tendance à acheter un fourgon aménagé pour de courtes périodes de vacances. La location serait pourtant une meilleure option, du point de vue pollution. La construction d’un véhicule demande des matériaux parfois rares et produit des gaz à effet de serre. Dans mon précédent article de blog “La réponse à toutes vos questions sur les vans aménagés”, que je vous invite à aller lire, je posais la question de la rentabilité d’acheter un van. Et bien évidement cela dépend du temps que vous souhaitez passer en vacances avec. Pour un couple qui partiraient 1 mois en vacances par an avec leur van, ils mettraient 18,5 ans à rentabiliser leur achat. (Sur la base de prix d’achat d’un van à 50 000€ et d’une location à 90€/nuit).

Bien sûr, je ne vous dis pas d’acheter et vivre dans votre van neuf pour rentabiliser votre achat, l’achat d’un véhicule plus ancien d’occasion pollue certes plus en roulant mais économise de nombreux matériaux rares qui sont nécessaires à la fabrication d’un van neuf. Et pour ceux qui souhaitent protéger un peu plus la planète, l’aménagement de son véhicule y est également pour quelque chose.

La qualité de l’aménagement : 

On y est ! Vous avez pesé le pour et le contre, vous comptez utiliser suffisamment longtemps votre van pour que ce soit rentable d’acheter plutôt que de louer, et vous privilégiez un utilitaire d’occasion pas trop vieux pour protéger la planète et surtout votre portefeuille. Maintenant place à l’aménagement de votre nouveau compagnon ! Les dés ne sont pas jetés quant à la pollution, loin de là. Tout comme pour une maison, l’isolation de votre van aménagé va jouer un rôle majeur sur votre consommation. De plus, le poids des matériaux utilisés et l’aérodynamisme de l’aménagement final vont également faire pencher la balance de la consommation de carburant.

On commence par une bonne isolation, utile l’hiver pour garder la chaleur et l’été pour garder le frais, elle permettra de ne pas dépendre constamment du chauffage et donc d’une source d’énergie (électrique ou fossile) pour chauffer votre habitacle. Il en est bien sûr de même pour la climatisation

Pour le choix des matériaux, légers et en matières recyclées, vous avez le combo gagnant d’un fourgon aménagé écologique.

Si vous ne voulez pas dépendre d’une source d’électricité pour votre autonomie, je vous conseille de jeter un œil sur les générateurs d’énergie solaire.

La consommation des ressources en van : 

L’eau : 

Pour ce qui est des économies d’eau en véhicule aménagé, je pense qu’elles ne sont plus à prouver. Quand on possède que quelques litres pour se doucher, faire la vaisselle, aller aux toilettes et boire, forcément que les douches de 30 min disparaissent de notre quotidien.

Si on prend l’eau au sens plus générale, les voyages en van permettent de se rapprocher de la nature et d’en suivre les changements, sécheresse, fonte des glaces, la ressource en eau est précieuse et de plus en plus rare sur notre planète. La prise de conscience est plus grande quand on est proche de la nature et que notre ressource en eau est limitée que dans un appartement où l’eau du robinet peut couler de manière illimitée.

L’électricité : 

Le mot clé pour un voyage réussi en véhicule aménagé c’est minimalisme. Derrière ce mot se cache un véritable mode de vie qui se base sur l’économie des ressources, de part leur rareté, et vivre avec peu de moyen matériel. Il en découle une économie d’énergie de la part des vanlifers qui leur permet de tenir plus longtemps en autonomie. Mécaniquement, on consomme également moins dans un van de 8 m² que dans un Airbnb de 40 m², ce qui donne un point supplémentaire aux vacances en van aménagé.

De plus, le mode de vie minimaliste que peuvent adopter les vanlifers le temps de leur vacances ou road-trip peut avoir des conséquences positives sur leur manière de consommer de retour à la maison. Quand on sait qu’on peut vivre avec 20 litres d’eau pendant plusieurs jours, on se dit qu’on peut également le faire à la maison. Ces gestes acquis lors de ces périodes en van aménagé sont une manière d’être plus écolo, mais qui n’est pas vraiment quantifiable.

Quels conseils pour être plus écolo ?

Pour se rapprocher des émissions de CO2 d’un TGV il va falloir s’éloigner de sa vitesse ! Levez le pied, adoptez une conduite plus souple, moins gourmande en carburant ce qui vous fera également économiser de précieux euros. 

Comme je l’ai déjà dit, entretenez votre véhicule, n’hésitez pas à ajouter un bidon d’huile et du liquide de refroidissement dans vos valises, contrôlez la pression des pneus et respectez les recommandations des constructeurs.

Prévoyez votre itinéraires pour limiter au maximum les détours superflus, qui coûtent du carburant.

Inutile je pense de vous dire d’économiser l’eau, quand on a seulement 20 litres en réserve on ne s’amuse pas à la gâcher.

De même pour l’électricité, le suivi de la charge de ses batteries, quand on n’est pas branché sur secteur est quotidien pour être sûr de ne pas tomber à plat. Investir dans des panneaux solaires peut s’avérer être une bonne idée pour recharger n’importe où ses batteries de cellules.

Emmener le strict nécessaire en vacances. Moins vous aurez de charge utile et moins vous consommerez.

Triez et gérez vos déchets, privilégiez l’achat de produits en vrac et locaux, qui réduisent l’utilisation d’emballages superflus.

Qu’est-ce que le slow tourisme, ce mode de voyage qui séduit de plus en plus ?

Le slow tourisme qui pourrait se traduire par tourisme lent est un mode de voyage très éco responsable qui se base sur les principes de respect de l’environnement, de la faune et de la flore, et la reconnexion avec soi-même et la nature. C’est voyager en prenant son temps, en prenant le temps de découvrir et d’apprécier les régions que l’on traverse. Et c’est aussi et surtout utilisé des méthodes de transport neutre ou très bas en émission de gaz à effet de serre comme le vélo, le TGV ou même la marche à pied. Si vous pratiquez le slow tourism vous consommez local pour soutenir les petits producteurs et vous faites vivre le patrimoine et la région que vous visitez. 

En Europe, il est possible de parcourir 91 500 km à vélo, à travers 42 pays pour découvrir la culture, l’architecture et la gastronomie du vieux continent de la manière la plus respectueuse qu’il soit. Sur les 17 itinéraires EuroVélos du continent, 8 traversent la France.

Carte du réseau EuroVélo en Europe.

Conclusion, le van aménagé, écologique ou non ?

On reprend ensemble tout ce qu’on a vu jusqu’à présent : 

 

    • les émissions de gaz à effet de serre pour un trajet en van aménagé thermique sont le point noir de ce mode de voyage, et peuvent même dépasser celle d’un avion pour les long trajets. Il sera donc important d’avoir un comportement le plus responsable possible pour limiter la consommation de carburant pendant le transport.

    • L’utilisation des ressources en eau et en électricité est très intéressante. Le principe de minimalisme permet d’être économe sur l’utilisation des ressources.

    • La volonté de se retrouver proche de la nature permet de prendre conscience et de faire prendre conscience de l’importance de protéger la nature et la planète en générale.

Le voyage en véhicule aménagé est plutôt écologique dans la manière de consommer et de penser, à travers le minimalisme. Il est cependant producteur de gaz à effet de serre, et l’achat doit être réfléchi pour être sûr de bien être rentable par rapport à la location. Amis vanlifers, ne vous sentez pas coupables, je sais que vous êtes loin d’être les plus pollueurs et que vous faites tout pour protéger notre belle planète, alors ensemble, continuons nos efforts !
Si les vans aménagés électriques se développent, que la production et le recyclage des batteries se répand et se simplifie, on pourra alors dire que les voyages en vans aménagés seront les plus écologiques sur tous les points de vue environnementaux. En attendant, c’est à nous de faire en sorte de donner une bonne image des vanlifers, en adoptant des comportements responsables et en sensibilisant les autres au respect de notre environnement.

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